Appel à contribution des cahiers pédagogiques

Dossier coordonné par Stéphane Gort et Sylvie Grau

Dans ce dossier, nous allons nous intéresser à la manière dont se construit le savoir et comment cette construction peut nous aider à penser l’enseignement dans les différentes disciplines. Il s’agit d’interroger la place de l’intuition, des croyances, des incertitudes et la manière dont on construit, en classe, des certitudes, des « vérités ». Qu’est-ce qui fait qu’une preuve peut être qualifiée de scientifique ? Un fait historique peut-il être considéré comme une « vérité » ? Peut-on savoir et croire malgré tout ? Quel est le sens d’une œuvre artistique ? Sur quoi peut porter le doute quand on lit un texte littéraire ? Ce que je vois correspond-il toujours à ce que je sais ?

Les programmes et les documents d’accompagnement insistent sur la fonction de l’école censée développer l’enseignement de l’esprit critique « pour former les élèves au décryptage du réel et à la construction progressive d’un esprit éclairé, autonome et critique » (Eduscol, 2025). Les savoirs permettent de comprendre notre environnement mais observer, décrire ne suffit pas, interpréter et expliquer supposent des modèles, des concepts, des outils.

En mettant en relation les faits et les idées, l’élève apprend à problématiser, il argumente, justifie et peut mettre en confrontation différentes interprétations ou explications. « Savoir, c’est tenir pour vraies des propositions établies selon une certaine méthode, vérifiées et acceptées par la communauté des spécialistes, et ce savoir que l’on tient pour vrai pourra évoluer s’il faut tenir compte de faits nouveaux. » (atelier philo aux Rencontres d’été 2019 du CRAP-Cahiers pédagogiques)

Il s’agit donc de sensibiliser les élèves aux méthodes communes ou spécifiques qui permettent d’établir une « vérité » dans les différentes disciplines scolaires. Mais il s’agit aussi d’enseigner l’incertitude, de tenir compte de la réfutabilité de certains savoirs, de leur évolution, sans pour autant tomber dans un relativisme où « tout se vaut ». Comment tenir ces deux objectifs ?

Cette même réflexion peut aussi être menée à propos des savoirs liés à la formation des enseignants tout comme des savoirs en sciences de l’éducation et de la formation. Est-ce que seules les données dites probantes peuvent avoir statut de preuve ? Comment peut-on établir qu’une méthode pédagogique est « efficace » ? Comment la recherche produit-elle des savoirs ? De même concernant les pratiques enseignantes, comment certaines croyances font-elles obstacle aux savoirs qui semblent pourtant établis ? Pourquoi tant d’ouvrage sur les « mythes » en éducation ?

Nous cherchons dans ce dossier à comprendre comment, aux différents niveaux de la scolarité, en formation et dans toutes les disciplines, peut être enseigné un « esprit scientifique », considéré comme la faculté d’attribuer le statut de vérité, du moins temporaire, à des faits prouvés avec les méthodes propres aux disciplines dont ils relèvent.

Donnez-nous à voir, au travers d’exemples d’activités dans les classes, d’expériences pédagogiques, de réflexions pédagogiques et didactiques, de travaux de recherches, etc., les obstacles rencontrés, et de quelles manières les enseignants et enseignantes, formateurs et formatrices, tentent de les dépasser et quelle est la portée de ces enseignements.

N’hésitez pas à vous lancer, nous vous aiderons à mener à bien votre projet d’écriture !

Envoyez vos propositions avant le 30 juin à (remplacer [at] par @) :

stephane.gort[at]cahiers-pedagogiques.com

sylvie.grau[at]cahiers-pedagogiques.com

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