Le Plan d’investissement dans les compétences à l’épreuve de ses publics et de ses dispositifs

Le CEREQ vient de publier le numéro 28 de Céreq Échanges, intitulé « Le Plan d’investissement dans les compétences à l’épreuve de ses publics et de ses dispositifs« . Julien Berthaud est co-coordinateur de ce volume :

26021. Bernard, P.-Y., Berthaud, J., Gosseaume, V., & Roupnel-Fuentes, M. (Éd.). (2026). Le Plan d’investissement dans les compétences à l’épreuve de ses publics et de ses dispositifs. https://books.openedition.org/cereq/6886
Le Plan d’investissement dans les compétences (PIC) a fait de la formation un levier central pour favoriser l’accès à l’emploi des personnes les plus éloignées du marché du travail et répondre aux besoins de recrutement des entreprises. Déployé à grande échelle, il a donné lieu à une multiplicité de dispositifs, d’expérimentations et d’innovations pédagogiques. Mais quels effets concrets ces dispositifs produisent-ils sur les parcours des stagiaires, les pratiques des professionnels et l’organisation du système de formation ? À partir d’enquêtes de terrain et d’évaluations conduites dans différents territoires, cet ouvrage analyse les publics visés, interroge les catégories d’action publique, examine les modalités d’accompagnement et met en regard les objectifs affichés avec les réalités de mise en œuvre. Il montre la diversité des situations, les contraintes institutionnelles, ainsi que les décalages persistants entre intentions, usages et résultats.

Vous trouverez également dans ce volume trois chapitres écrits par Julien Berthaud et Claire Bonnard :

  • 26022. Berthaud, J., & Gosseaume, V. (2026). Entre injonction, affichage et réalité : la difficile construction d’un partenariat effectif. In P.-Y. Bernard & M. Roupnel-Fuentes (Éd.), Le Plan d’investissement dans les compétences à l’épreuve de ses publics et de ses dispositifs (p. 41‑46). https://doi.org/10.4000/15txz
    Depuis les années 1980, le partenariat s’est affirmé comme un pilier des politiques d’insertion, soutenu par la territorialisation, la décentralisation et les réformes du service public de l’emploi. Présenté comme une réponse aux parcours fragmentés, il doit garantir décloisonnement et continuité en mobilisant un large réseau d’acteurs. À partir de deux dispositifs, le Prépa Rebond – Dispositif intégré (PRDI) et le Dispositif en amont de la qualification (DAQ), ce chapitre examine comment l’injonction au partenariat se concrétise, quelles tensions elle génère entre acteurs et quels effets elle produit sur les parcours des stagiaires. L’analyse montre la fragilité de l’ambition partenariale : appels à projets, asymétries institutionnelles et engagement inégal des acteurs placent les consortiums entre coordination affichée et concurrence réelle. Les dynamiques territoriales et l’histoire des relations influencent fortement l’implication des structures et la fluidité des parcours. Pour les stagiaires, l’ouverture partenariale reste peu perceptible : l’accompagnement repose surtout sur les référents internes, tandis que les ruptures de suivi, les temporalités décalées et les difficultés à lever certains freins limitent l’idéal d’un parcours « sans couture ». Le partenariat apparaît ainsi comme une construction instable, dépendante des contextes locaux et traversée par des tensions entre injonctions politiques et réalités de terrain.

  • 26023. Bonnard, C., & Berthaud, J. (2026). Accompagnement, injonction au projet et réponses au besoin des secteurs en tension. In P.-Y. Bernard, V. Gosseaume, & M. Roupnel-Fuentes (Éd.), Le Plan d’investissement dans les compétences à l’épreuve de ses publics et de ses dispositifs (p. 47‑52). https://doi.org/10.4000/15ty2
    La construction et l’évaluation du projet de formation et/ou professionnel sont au cœur des dispositifs d’accompagnement et d’accès à la qualification depuis de nombreuses années. Ce modèle s’inscrit dans une logique d’individualisation, où l’individu doit être « acteur » de son parcours, et d’accompagnement, où le rôle des professionnels de l’accompagnement et de l’insertion est de coconstruire le parcours des personnes dites éloignées de l’emploi. Mais cette « injonction au projet » est susceptible d’accroitre les inégalités face aux dispositifs de formation et d’insertion, entraînant des effets paradoxaux, voire contreproductifs. À travers l’exemple d’un dispositif régional déployé dans le cadre d’un Plan régional d’investissement dans les compétences (PRIC) et du point de vue des professionnels, cet article analyse la place du projet dans l’accompagnement des bénéficiaires et la logique de coconstruction des parcours, les formes d’accompagnement au « projet » et la manière dont les organismes de formation appréhendent le « paradoxe » entre individualisation des parcours et orientation vers les métiers dits en tension.

  • 26024. Berthaud, J., & Bonnard, C. (2026). Quand l’aide à l’insertion et l’accompagnement social s’invitent dans la formation. In P.-Y. Bernard, V. Gosseaume, & M. Roupnel-Fuentes (Éd.), Le Plan d’investissement dans les compétences à l’épreuve de ses publics et de ses dispositifs (p. 53‑58). https://doi.org/10.4000/15ty7
    L’évolution des politiques de l’emploi ont vu ces dernières passer d’une logique d’insertion et de placement à une logique d’intermédiation et d’accompagnement où l’individu est responsable de son employabilité et les professionnels de l’insertion et de la formation sont tenus de remédier à l’inemployabilité des publics éloignés de l’emploi. Avec la mise en place du Plan d’investissement dans les compétences (PIC), s’est opérée par ailleurs la volonté d’amplifier l’effort de la formation professionnelle vers les publics les plus en marge, notamment les demandeurs d’emploi n’ayant pas recours aux dispositifs de formation et aux ressources publiques. Dans ce cadre, sont apparus des dispositifs s’éloignant d’une action de formation pour viser l’accompagnement en vue de sécuriser les parcours et de préparer des demandeurs d’emploi à la formation, en incluant le travail sur la levée des « freins périphériques ». Ces changements de paradigme ont contribué à modifier et à redéfinir les missions et l’activité professionnelle des acteurs de la formation professionnelle au sein de dispositifs qui se situent désormais à l’interstice entre le champ du travail social et celui de la formation continue et qui s’inscrivent dans une volonté de décloisonnement des compétences et une porosité des champs entre accompagnement et formation. Cet article propose ainsi d’analyser la question de la professionnalité des formateurs engagés dans l’accompagnement des personnes éloignées de l’emploi. Dans le cadre d’un dispositif d’accompagnement vers la qualification financé par le Pacte régional d’investissement dans les compétences (PRIC) et porté par différents organismes de formation dans une région française, il s’agit notamment d’étudier les implications et les répercussions de cette porosité des champs de compétences pour les formateurs et accompagnateurs, au prisme d’un « nouveau » métier, celui de référent de parcours.

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