Recherches Familiales, 2027, articles à remettre pour le 15 mai 2026 : https://www.unaf.fr/expert-des-familles/revue-recherches-familiales/
La transmission dans et par les familles : crises ou transformations ?
Si la famille demeure un lieu privilégié de transmission, les formes, les contenus et les modalités de cette fonction sont aujourd’hui questionnés, bouleversés, voire concurrencés. La transmission familiale est-elle en crise ? Subit-elle des transformations profondes sous l’effet des mutations sociales, juridiques, économiques et culturelles ?
Le prochain numéro de la revue Recherches familiales s’intéressera à la transmission familiale dans ses dimensions à la fois immatérielles (valeurs, culture, religion, identité, noms, mémoire, liens, etc.) et matérielles (patrimoine, entreprises, professions, obligations, etc.). Il s’agira d’interroger à la fois les facteurs susceptibles de favoriser la transmission et ceux qui peuvent la remettre en question, voire l’entraver.
Si la notion de crise est fréquemment mobilisée dans le débat public pour qualifier ces évolutions, ce dossier se propose de la dépasser en apportant des éléments de réflexion interdisciplinaires permettant d’appréhender les effets des transformations familiales contemporaines sur la transmission. Comment la famille contemporaine fait-elle aujourd’hui acte de transmission ? En quoi la remise en question de certains modèles familiaux contribue-t-elle à faire évoluer notre conception de la transmission intergénérationnelle ?
Ce dossier entend croiser les regards disciplinaires sur les transmissions familiales (sociologie, psychologie, droit, économie, histoire, démographie, anthropologie, etc.) et proposer des éclairages contemporains sur ce phénomène.
Une crise de la transmission familiale ?
Des refus de la transmission familiale. De nombreuses raisons peuvent amener les membres des familles à appréhender, voire à refuser la transmission : héritage symbolique parfois lourd à porter (histoire familiale, refus de transmission du nom), ruptures familiales (divorce, etc.), violences intrafamiliales, refus de s’inscrire dans un destin perçu comme prédéterminé (transmission de la profession, par exemple), difficultés liées à la transmission de pratiques, d’attitudes ou d’opinions dans un monde en recomposition, qui remet profondément en cause certaines normes (enjeux environnementaux, répartition genrée des rôles, etc.). Peut-on faire le choix de ne pas transmettre ou de ne pas recevoir un héritage ? Quels sont les effets de telles décisions ?
Les empêchements de la transmission. Certaines situations d’éloignement, choisi ou contraint (migration du parent ou de l’enfant, incarcération du parent, placement de l’enfant, etc.), en interrompant la vie commune, empêchent ou entravent fortement les processus de transmission culturelle et identitaire entre les générations. Comment ces ruptures sont-elles vécues par les membres de ces familles ? Dans quelle mesure souhaitent-ils et parviennent-ils à surmonter ces obstacles ?
Les critiques de la transmission familiale. Sur un plan plus théorique, la transmission par la famille peut être mise en cause. Dans le débat politique et économique, elle est parfois analysée comme un facteur d’inégalités et de reproduction sociale. Par ailleurs, son cadre peut être jugé trop restreint : à l’héritage familial, notamment matériel, peut être préférée une transmission « choisie », en dehors des liens familiaux. Quelles critiques la transmission familiale suscite-t-elle aujourd’hui ? Quelles pratiques alternatives de transmission peuvent émerger en réponse à ces critiques ?
Les familles concurrencées par d’autres acteurs de la transmission. Depuis longtemps (système éducatif, réseaux de sociabilité) ou plus récemment (réseaux sociaux, médias), d’autres acteurs situés hors du cercle familial participent aux processus de transmission et peuvent les renforcer ou, au contraire, entrer en tension avec eux. Quelles influences exercent-ils sur la transmission familiale ? Quels conflits, mais aussi quelles formes d’articulation, peuvent apparaître entre ces différentes sources de transmission ?
La famille comme foyer majeur de transmission. Sur le plan matériel, on observe le poids croissant de l’héritage et des donations, tant en termes de masses financières que d’influence sur les trajectoires individuelles (patrimoniales, professionnelles, etc.). Sur le plan éducatif, la famille continue de transmettre des normes culturelles, religieuses et politiques, avec un impact significatif que de nombreux travaux documentent. Pourquoi et comment la transmission familiale résiste-t-elle aux influences extérieures ? Comment conserve-t-elle sa légitimité face aux critiques dont elle fait l’objet ?
Une transformation des modalités, des contenus et du cadre des transmissions familiales
Les transformations démographiques affectent la nature et les modalités des transmissions : l’allongement de l’espérance de vie, conjugué à des naissances plus tardives, modifie les liens entre les générations. Comment ces évolutions influencent-elles les processus de transmission ?
L’augmentation des migrations et le développement des « couples mixtes » ou des « familles transnationales » alimentent ou renforcent certaines problématiques de transmission, notamment la confrontation de normes culturelles ou religieuses au sein des familles. Comment ces configurations contribuent-elles à reconfigurer les transmissions ?
En l’absence d’enfant – situation devenue non exceptionnelle – comment se pose la question de la transmission ? S’inscrit-elle toujours dans un cadre familial ou s’oriente-t-elle vers d’autres périmètres et objectifs ?
Les transformations familiales affectent également les transmissions : les nouveaux types de liens (notamment avec les beaux-parents dans les situations de recomposition familiale) ou la fragilisation de certains liens (par exemple avec le père dans les foyers monoparentaux) transforment ce qui peut être transmis et selon quelles modalités (parentalité « à distance », plus ponctuelle, etc.). Ces évolutions modifient le périmètre des transmissions – extensions ou rétractations selon les configurations – et interrogent les normes juridiques qui les encadrent, tant en matière de droits (héritage, donations) que d’obligations (obligation d’entretien, obligation alimentaire). Comment le droit de la famille, à travers les textes et la jurisprudence, traduit-il ces ajustements ?
Dans les sociétés contemporaines, les modalités de transmission évoluent et tendent à devenir davantage négociées et discutées. Sur le plan éducatif, le recours croissant à des dispositifs alternatifs par les parents modifie ce qui leur a été transmis par leurs propres parents, avec des effets sur leurs attentes et leurs positionnements éducatifs. Ces transformations se manifestent également sur le plan juridique : dérogations en matière d’obligation alimentaire, aménagements de la réserve héréditaire, logiques de contractualisation intrafamiliale (au sein des couples, mais aussi à travers les pactes successoraux). Comment la transmission est-elle aujourd’hui négociée et redéfinie par les membres de la famille ?
Enfin, l’absence de transmission familiale – résultant des crises évoquées précédemment – peut ne pas être souhaitée. Elle peut au contraire être vécue comme un manque dans la filiation (accouchement sous le secret, placement d’enfant, etc.), entraînant une quête des origines qui se traduit par différents comportements (intérêt pour la généalogie, recours aux tests génétiques, demandes d’accès aux origines, etc.). Ces situations posent la question des modalités de construction – et d’accompagnement – de l’histoire de vie des individus.
Proposer un article à Recherches familiales :
Il est attendu des articles soumis à la rédaction une analyse originale et argumentée des effets de la transmission – ou de son absence – fondée sur des matériaux empiriques clairement présentés (contexte, méthodologie de recherche, etc.). Les contributions peuvent s’appuyer sur des enquêtes quantitatives ou qualitatives, ainsi que sur des analyses de cas cliniques, et porter sur des contextes culturels et des systèmes de parenté variés, y compris en dehors du cadre occidental. La diversité des approches étant au cœur de ce dossier thématique, la rédaction portera une attention particulière aux propositions croisant plusieurs disciplines.
Les articles entièrement rédigés doivent être soumis au comité de lecture de Recherches familialesavant le 15 mai 2026. La revue paraîtra en janvier 2027.
Indications techniques :
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